À Landerneau, Michel-Edouard Leclerc a choisi d’offrir une tribune et une image complaisante à Gabriel Attal, ex-premier ministre français, de passage en Bretagne. C’est le symbole d’un jeu dangereux : celui d’un grand distributeur breton qui préfère composer avec le régime de Paris plutôt que de défendre sans concession les intérêts vitaux de la Bretagne. Pendant que les agriculteurs et les éleveurs bretons étouffent sous les normes et la concurrence déloyale, le patron de l’enseigne née en terre bretonne parade aux côtés d’un représentant du pouvoir parisien. Cette scène révèle la servilité chronique d’une grande partie de la bourgeoisie bretonne envers le gouvernement français. Industriels, distributeurs et notables locaux ont depuis longtemps fait le choix de l’allégeance : ils monnayent leur influence régionale contre des accès aux cercles parisiens, des faveurs administratives et des photographies officielles. Leur attachement à la Bretagne s’arrête là où commencent leurs intérêts personnels dans les allées du pouvoir hexagonal.
Pourtant, d’autres nations européennes encore privées de pleine souveraineté montrent la voie d’une résistance lucide. La Catalogne n’a cessé de défendre son moteur économique contre la prédation fiscale de Madrid, réclamant le contrôle de ses impôts et de ses infrastructures. En Flandre, les forces nationalistes flamandes protègent avec détermination leur tissu industriel, leur agriculture et leur excédent budgétaire face à un État belge largement subventionné par le Nord. L’Écosse mène un combat constant pour reprendre la main sur ses richesses énergétiques (pétrole, renouvelables) et ses eaux territoriales, refusant que Londres décide seule de son avenir économique. Le Pays de Galles, à son échelle, affirme de plus en plus clairement la nécessité de défendre ses intérêts spécifiques face à Westminster. Ces exemples vivants prouvent qu’une nation consciente de ses atouts peut s’opposer à la prédation des États plus grands en plaçant d’abord et avant tout ses propres intérêts.
La Bretagne possède tous les atouts : ports puissants, agriculture de qualité, industrie agroalimentaire reconnue, identité forte et potentiel maritime immense. Elle n’a pas à les mettre au service du gouvernement français qui l’affaiblit. Elle doit les défendre exclusivement pour elle-même et défendre sa propre indépendance économique.
Il est temps d’un réveil breton intransigeant. Un réveil qui rejette la servilité des élites locales face au régime de Paris. Un réveil qui place la Bretagne et uniquement ses intérêts au centre de toute action. Les Bretons n’ont pas vocation à sauver la France ni à financer sa dette. Ils ont le devoir de sauver la Bretagne et l’avenir de leurs enfants. L’heure est venue de se lever pour construire une Bretagne maîtresse de son destin, économique et politique. Landerneau est le symbole de la Bretagne dont nous ne voulons plus.
Budig Gourmaelon
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