Saint-Brieuc : après plusieurs occupations sauvages organisées par l’extrême-gauche, la majorité de gauche départementale reloge des familles de migrants clandestins

Après plusieurs occupations de bâtiments publics, des familles étrangères en situation irrégulière ont obtenu un relogement temporaire dans les Côtes-d’Armor. Derrière cette mobilisation apparaît un réseau associatif soutenu par des organisations d’extrême-gauche. Alors que le Département dispose déjà d’importants dispositifs d’accueil, le coût exact de ces prises en charge demeure difficile à établir.

Des occupations successives pour obtenir des hébergements

Membres du Collectif en lutte avec les sans-papiers

À Saint-Brieuc, la question de l’hébergement des migrants clandestins donne lieu depuis plusieurs mois à une succession d’actions militantes. Le 14 octobre, Ouest-France annonçait que le conseil départemental des Côtes-d’Armor avait procédé au relogement temporaire de familles sans titre de séjour. La veille, des membres du Collectif en lutte avec les sans-papiers avaient occupé la Passerelle, équipement culturel de Saint-Brieuc, avant d’en être évacués. Une semaine plus tôt, le 7 octobre, c’était la mairie de Trégueux qui avait été investie pour réclamer un hébergement.

Ces actions ne constituent pas des événements isolés. Dès le mois de juin, le collectif avait adopté une stratégie d’occupation répétée de bâtiments publics. Le 11 juin, ses militants avaient notamment investi le musée d’art et d’histoire de Saint-Brieuc après avoir appris que sept familles risquaient de perdre leur hébergement. Des occupations nocturnes avaient également été organisées, avec des assemblées générales quotidiennes et des sollicitations de la presse.

Le 26 août, sept militants s’étaient installés dans le hall de l’hôtel de ville de Saint-Brieuc. Leur revendication portait alors sur deux familles étrangères en situation irrégulière. Une quinzaine de personnes avaient participé à l’occupation au cours de la matinée. Les manifestants avaient finalement été reçus par le directeur de cabinet du maire.

La méthode repose sur un mécanisme de pression clairement identifiable : occuper un équipement public, obtenir une solution d’hébergement de courte durée, puis recommencer lorsque celle-ci arrive à expiration. Le relogement annoncé le 14 octobre intervient après ces actions, mais aucun document consulté ne permet d’établir les conditions exactes de la décision.

Un collectif appuyé par l’extrême-gauche et la CGT

Le Collectif en lutte avec les sans-papiers dispose de relais politiques et syndicaux publics. Le 1er septembre, son assemblée générale de rentrée était annoncée sur le site de La France insoumise de Saint-Brieuc. L’objectif affiché était de préparer de nouvelles mobilisations avec le soutien des parents d’élèves et des syndicats. L’annonce évoquait trois adultes et trois enfants âgés de trois à sept ans, menacés de se retrouver sans hébergement.

La collaboration avec la CGT des Côtes-d’Armor est explicite. Du 16 au 18 octobre, le collectif et l’union départementale CGT organisent un week-end antiraciste dans les locaux syndicaux de la rue Théodule-Ribot. Au programme figurent des projections, des débats, un rassemblement public et des ateliers consacrés notamment à la préparation d’une grève antiraciste.

Anzoumane Sissoko, originaire du Mali, maire-adjoint du 18ème arrondissement de Paris

Anzoumane Sissoko est annoncé pour un débat le 16 octobre, tandis que Matteo Severi doit intervenir le 18 octobre. Le relais assuré par La France insoumise et la collaboration avec la CGT témoignent d’une convergence militante. 

Les élus locaux face aux revendications

Christian Coail, issu de la gauche loyaliste

Le conseil départemental est présidé par Christian Coail, issu du Parti socialiste. Son administration comprend notamment Lénie Girardot, directrice générale des services, et Oriane Leporcher, directrice générale adjointe chargée des Solidarités humaines. Ces responsables appartiennent à la chaîne institutionnelle compétente pour les politiques sociales. 

Les chiffres publiés par le conseil départemental des Côtes-d’Armor permettent de mesurer le poids financier de l’accueil des mineurs non accompagnés. Selon son rapport annuel 2024, le budget consacré à cette politique atteignait 15,58 millions d’euros, soit environ 1,3 million d’euros par mois. L’enveloppe a pratiquement doublé en trois ans.

Au 30 avril 2025, le Département déclarait accompagner environ 480 mineurs et jeunes majeurs non accompagnés. En rapprochant cet effectif du budget 2024, la dépense représente un ordre de grandeur de 32 455 euros par personne et par an, soit 2 705 euros mensuels.

Entre 2023 et 2025, 153 places supplémentaires ont été créées à Langueux, Guingamp, Loudéac, Lannion, Lamballe et Dinan, portant la capacité d’accueil à 364 places. Ces chiffres ne comprennent pas nécessairement l’ensemble des dépenses publiques liées à l’immigration dans le département.

Yann ar Gall

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By La rédaction

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