Le chef du renseignement turc, condamné pour ses liens avec Al Qaeda, rencontre le gouvernement djihadistes à Damas

La conquête de Damas par les djihadistes soutenus par la Turquie permet au gouvernement islamiste de Recep Tayyip Erdogan de faire de la Syrie un nouveau protectorat. Le chef des services de renseignements turc, Ibrahim Kalin, s’est rendu symboliquement à Damas pour signifier la prise de contrôle du pays par l’État turc. Il était accompagné du fondateur d’Al Qaeda en Syrie, Jolani, nouveau chef d’état de fait du pays.

La justice turque a reconnu que Kalin était en contact avec le financier d’Al Qaeda Yasin al Qadi, de nationalité égyptienne, et classé terroriste par les USA, l’UE, l’ONU et la Turquie. Ensemble, ils coordonnaient des opérations secrètes de financement des opérations djihadistes dans différents pays, notamment en Syrie.

Ce basculement dans le giron du djihadisme international de la Syrie, un des pays les plus vieux du monde arabe, marque l’expansion rapide de l’islamisme radical au Proche-Orient sous l’impulsion du néo-impérialisme turc.

La Turquie, un des piliers du mouvement international des Frères Musulmans, a trouvé en la personne du premier ministre fantoche de Syrie un relais docile. Mohammed Al-Bashir, désigné par Jolani, est un partisan revendiqué de Hassan al-Banna, fondateur de la confrérie islamiste, et grand-père du prédicateur égyptien Tariq Ramadan. Des vidéos circulent de lui citant abondamment le fondateur de l’islamisme moderne..

Face à cette situation, la « normalisation » politique et médiatique du régime djihadiste de Damas dictée par les USA et l’UE illustre la collusion de plus en plus ouverte des états occidentaux avec les groupes djihadistes, même les plus violents. Cette réalité ne manquera pas d’influencer l’islamisme international, y compris en Europe.

Ewen Broc’han

Recevez notre newsletter par e-mail !

By La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×