EMSAV : 16 juin 1904, naissance de Loiez Andouard, écrivain, linguiste, marin et journaliste

Loeiz Andouard, né Louis-Fernand Andouard le 16 juin 1904 à Binic (Côtes-d’Armor) et mort le 14 juin 1985 à Lamballe, est une figure incontournable du nationalisme breton du XXe siècle. Écrivain, linguiste, marin et journaliste, connu sous des pseudonymes tels que Farnachanavan, Erel Keralban ou Abherhel, il a dédié sa vie à la défense de la langue bretonne et à l’affirmation d’une nation bretonne souveraine.

Une enfance bretonne marquée par la perte

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Né dans une famille modeste, fils d’un brigadier des douanes de Fréhel et d’Adélaïde Flouas, Loeiz Andouard connaît une tragédie précoce. En 1908, une épidémie ravage sa famille, emportant ses deux sœurs, son père, puis sa mère. Orphelin à quatre ans, il est élevé par un oncle gendarme près de Rennes. Après des études secondaires, il intègre en 1921 l’École nationale de la Marine marchande de Paimpol, où il obtient un brevet de capitaine au long cours, scellant son lien avec la mer.

De la mer au combat nationaliste

Pendant une décennie, Andouard sillonne les mers comme officier, puis capitaine, sur des navires de commerce, du Havre à Madagascar. La crise économique de 1931 met un terme à sa carrière maritime, le poussant vers le journalisme. À Saint-Malo, il rejoint La Voix du Marin, où ses chroniques exaltent la vie des marins bretons. C’est à cette époque qu’il embrasse pleinement le nationalisme breton, influencé par des figures comme Yann Sohier et Roparz Hemon. Il s’engage dans le mouvement Gwalarn, un cercle littéraire visant à moderniser la langue bretonne, et publie poèmes, traductions et articles dans des revues nationalistes comme Breiz Atao, Kornog et Arvor. Son pseudonyme Farnachanavan, adopté lors de séjours en Irlande, reflète son idéal celtique et son rêve d’une Bretagne émancipée.

Un linguiste au cœur du celtisme nationaliste

Andouard place la langue bretonne au centre de son combat pour l’identité nationale. Passionné par les langues celtiques, il apprend le gaélique et séjourne régulièrement en Irlande, où il tisse des liens avec des nationalistes irlandais, s’inspirant de leur lutte pour l’indépendance. Il participe avec Éamon Ó Ciosáin à la réalisation d’un dictionnaire britto-gaélique, le Geriadur Iwerzhoneg-Brezhoneg (dictionnaire irlandais-breton), un ouvrage pionnier renforçant les solidarités celtiques qui paraîtra en 1987. Ses contributions à Al Liamm, Gwalarn et autres revues bretonnes font de lui un pilier de la renaissance linguistique, qu’il conçoit comme une arme contre l’assimilation française. Pour Andouard, le breton n’est pas seulement une langue : c’est l’âme d’une nation opprimée.

Une œuvre pour la Bretagne souveraine

L’œuvre d’Andouard est un manifeste nationaliste, mêlant poésie, récits maritimes et réflexions identitaires. Ses textes, souvent signés sous pseudonymes, vibrent d’une passion pour la Bretagne et d’un rejet de l’uniformisation française.

Loeiz Andouard est l’auteur d’une biographie du malouin Jacques Cartier en langue bretonne

Parmi ses publications, Brezhoneg ar mor (1983) célèbre la langue bretonne à travers le prisme de la mer, tandis que sa traduction d’Isagan (1979), un texte de Padraic Mac Piarais illustré par Juliana Brohan, témoigne de son admiration pour les combats celtiques. Il contribue également à Jakez Karter (1984).

Un militant breton jusqu’à la fin

En 1935, Andouard épouse Fant Rozeg-Meavenn, avec qui il a trois enfants. Le couple se sépare en 1943, sans que cela n’entrave son engagement. Militant infatigable, il participe activement aux cercles nationalistes bretons, soutenant la reconnaissance de la langue bretonne et l’autodétermination de la Bretagne. Dans Al Liamm, B. an Nail le décrit comme un « stourmer kalonek ha divrall » (combattant courageux et passionné), un hommage à son dévouement sans faille.

Un héritage pour la lutte bretonne

Loeiz Andouard s’éteint le 14 juin 1985 à Lamballe, laissant un legs précieux pour les nationalistes bretons. Ses écrits, son dictionnaire interceltique et son combat linguistique rappellent que la Bretagne est une nation distincte, avec une langue et une culture à défendre farouchement.

Sources :

  • Wikipédia, « Loeiz Andouard », disponible sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Loeiz_Andouard.
  • IDBE – Bibliothèque Numérique Bretonne et Européenne, « Loeiz Andouard – Farnachanavan », disponible sur https://bibliotheque.idbe-bzh.org.
  • Al Liamm, « Loeiz Andouard, ur stourmer kalonek ha divrall », par B. an Nail, 1992, pp. 19-20.

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By La rédaction

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