EMSAV – Marcel Guieysse (1881-1967) fut une figure emblématique du nationalisme breton, un homme d’une détermination sans faille et d’une passion ardente pour la défense de l’identité, de la langue et de la culture bretonnes. Né le 21 août 1881 à Caudan, dans le Morbihan, il était le fils de Pierre-Paul Guieysse, homme politique influent, ministre des Colonies (1895-1896) et député radical-républicain du Morbihan, dont l’engagement républicain et anticlérical a marqué son époque. Marcel, héritier d’une famille ancrée dans les valeurs de progrès et de liberté, choisit pourtant une voie singulière, portée par un amour profond pour sa Bretagne natale.
Dès son jeune âge, Marcel Guieysse se distingue par une intelligence vive et un intérêt marqué pour les études. Formé aux prestigieux lycées Montaigne et Louis-le-Grand à Paris, il poursuit des études de droit, couronnées par une licence, avant de s’immerger dans l’étude des langues celtiques à l’Institut des Hautes Études, sous la direction d’éminents professeurs comme Henri Gaidoz et Joseph Vendryès. Cette formation rigoureuse forge son érudition et renforce son attachement à la cause bretonne, qu’il embrasse avec une ferveur croissante.
Homme d’action autant que de réflexion, Marcel Guieysse s’engage pleinement dans le mouvement breton dès les années 1920. En 1925, il prend la présidence de l’association Kengarantez-Vreiz, démontrant son leadership dans la promotion de la culture bretonne. En 1936, il publie La Langue bretonne, un ouvrage qui témoigne de son engagement indéfectible pour la préservation de la langue, pilier de l’identité bretonne. Son implication dans le Parti national breton (PNB) marque un tournant décisif : il devient une figure centrale du mouvement, assumant des responsabilités majeures, notamment comme président de la section du Morbihan en 1940.
Proche d’Olier Mordrel, il participe activement à la création du Comité national breton à Pontivy en juillet 1940, un acte audacieux visant à affirmer l’indépendance de la Bretagne face aux bouleversements de l’époque.Marcel Guieysse se révèle un homme de conviction, prêt à défendre ses idéaux avec courage, même dans les moments les plus troublés. En 1937, avec le soutien de sa fille Denise, il contribue au lancement de la revue Peuples et Frontières, où il dénonce avec force les politiques oppressives des grandes puissances à l’égard des minorités ethniques, écrivant en breton et en anglais pour porter la voix de la Bretagne au-delà de ses frontières. Sa détermination à promouvoir l’indépendance bretonne, malgré les controverses et les défis, reflète une vision audacieuse et un dévouement sans faille.
Au-delà de son engagement politique, Marcel Guieysse fut un homme de culture, donnant des conférences sur la littérature et s’investissant dans des initiatives éducatives. Sa vie, marquée par une quête incessante de justice pour son peuple, s’achève le 8 février 1967 à Vitry-sur-Seine, chez sa fille Denise, à l’âge de 86 ans. Jusqu’à son dernier souffle, il reste fidèle à ses idéaux, laissant derrière lui un héritage vibrant dans l’histoire du mouvement breton. Marcel Guieysse demeure une figure inspirante, symbole d’un amour indéfectible pour la Bretagne et d’un combat courageux pour son émancipation culturelle et politique.
Oliver Kerdrel
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