La fermeture de l’école Diwan de Bourbriac : un crime contre la langue bretonne ! (Éditorial)

Le 20 février 2026, l’Association d’Éducation Populaire de Skol Diwan Boulvriag a annoncé la fermeture définitive de l’école immersive en breton de Boulvriag (Bourbriac, « Côtes-d’Armor ») à la fin de l’année scolaire 2025-2026. Ouverte en 2013, cette école unique au sud de l’agglomération Gwengamp-Pempoul (Guingamp-Paimpol) disparaît faute de relogement viable et d’un financement stable. Le propriétaire reprend les locaux loués ; la mairie de Boulvriag (Bourbriac) n’a offert qu’un terrain trop exigu avec un calendrier incompatible pour septembre 2026, sans aucun bâtiment municipal disponible. Pire : depuis des années, plusieurs mairies du secteur refusent de verser le forfait scolaire obligatoire prévu par la loi Molac. Deux enseignants, deux ASEM licenciés ; des familles contraintes de disperser leurs enfants ; quatre emplois locaux perdus. C’est concret, tragique et évitable.

Cette fermeture n’est pas un simple couac administratif. Elle révèle la crise profonde de l’enseignement de la langue bretonne en Bretagne, résultat de l’hostilité idéologique ou l’indifférence de politiciens loyalistes. Les « Côtes-d’Armor », département historiquement socialo-communiste, restent dominés par une majorité de gauche loyaliste au conseil départemental (PS-PCF et apparentés), où les droits nationaux du peuple breton, et notamment ses droits linguistiques, sont combattus par des doctrinaires du jacobinisme. Localement, les maires PS ou divers gauche refusent ou traînent sur le forfait scolaire – une obligation légale qu’ils contournent par mépris pour ce qu’ils perçoivent comme une « revendication identitaire ». À Boulvriag et alentour, ces élus préfèrent laisser mourir une école bretonne plutôt que de financer la survie de la dernière langue celtique du continent. Inutile de souligner l’empressement des mêmes à soutenir les masses immigrées qui constituent leurs clientèles de prédilection.

L’épuisement des parents et bénévoles, forcés de mendier ce qui devrait être un droit, achève le tableau. Au niveau de la Bretagne, la responsabilité est encore plus accablante. Loïg Chesnais-Girard, président PS de la « Région » depuis 2017, incarne cette imposture politique. Reprenant certains codes de l’identité bretonne pour capter les voix, ce politicien vit depuis trop longtemps sur le dos des Bretons sans jamais défendre leurs droits nationaux et culturels. Sa majorité de gauche (PS, EELV, PCF) pérore à propos de la langue bretonne – subventions ponctuelles à Diwan (200 000 € en 2024 en plus du budget habituel), conventions État-Région – mais sans jamais imposer d’ambitions.

L’objectif affiché jadis de 30 000 élèves bilingues en 2027 est déjà mort ; le réseau Diwan stagne ou recule (environ 3 700 élèves en 2025, baisse globale sous les 20 000). Le loyaliste Chesnais-Girard, de connivence avec Paris, accepte les blocages ministériels sans hausser le ton, et laisse les communes aux mains des loyalistes faire leur travail de sabotage. Sa politique linguistique se résume à des artifices de communication pendant que le breton sombre. Il n’engage pas de portage foncier massif, pas de sanctions contre les maires récalcitrants, pas de généralisation obligatoire du breton dans les écoles publiques. Résultat : un système à la merci de la bonne volonté – ou de la malveillance – locale.

La racine reste nationale et institutionnelle. Sans un cadre légal breton contraignant – un gouvernement breton identique à celui du Pays de Galles ou de l’Écosse, notamment compétent en matière linguistique et éducative –, le breton restera très vulnérable. Il faut un pouvoir breton capable d’imposer le versement automatique du forfait scolaire (avec retenues sur dotations pour les récalcitrants), de financer un parc immobilier dédié, de former des enseignants immersifs en masse, et d’intégrer le breton dans l’horaire normal partout. Ce cadre obligerait l’opposition loyaliste à financer l’enseignement immersif sous peine de sanctions.

Cette fermeture à Boulvriag est un crime culturel commis par des élus qui se gargarisent de progrès social tout en laissant mourir notre peuple et sa culture. Chaque refus de forfait, chaque absence de local, chaque silence complice accélère l’extinction. La Bretagne nationale a besoin des outils politiques pour défendre sa langue. Sans cela, Bourbriac ne sera que le premier d’une longue liste de tombeaux.

Budig Gourmaelon

Recevez notre newsletter par e-mail !

By La rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

×