Le 2 juin 2026, le Premier ministre hongrois Péter Magyar déclarait à Berlin : « Utiliser sa langue maternelle à la crèche, à l’école ou dans l’administration est un droit humain fondamental. Un pays qui entame des négociations d’adhésion à l’UE doit respecter ces droits. » Ces propos visaient la situation des Hongrois de Transcarpathie en Ukraine, mais ils résonnent indirectement et involontairement comme un puissant réquisitoire contre l’hypocrisie française.
« Utiliser sa langue maternelle à la crèche, à l’école ou dans l’administration est un droit humain fondamental. Un pays qui entame des négociations d’adhésion à l’UE doit respecter ces droits. » déclare le 1er ministre hongrois au sujet des Hongrois d’Ukraine.
Sauf la France🇫🇷 https://t.co/pTfsVyjULk
— Parti National Breton | Strollad Broadel Breizh (@pnbsbb) June 2, 2026
La Hongrie défend fermement les droits culturels et linguistiques de sa diaspora, conditionnant même l’adhésion ukrainienne à l’UE à leur respect. Pendant ce temps, la France, membre fondateur de l’Union européenne, continue de pratiquer une assimilation systématique des nationalités sur les territoires qu’elle occupe. Le breton en est l’une des victimes les plus emblématiques.
La répression linguistique par l’État français
Cette situation est vécue comme une colonisation culturelle. Le breton n’a aucun statut officiel en Bretagne, contrairement à d’autres langues en Europe (catalan en Espagne, basque, etc.). L’enseignement immersif reste marginal et constitutionnellement interdit, financé par des associations et parents d’élèves alors qu’ils paient des impôts versés à un État qui s’emploie à éradiquer leur langue nationale. L’usage administratif du breton est quasi inexistant, aucun média public en langue bretonne n’existe.
L’hypocrisie française
L’hypocrisie est criante. La France donne des leçons de droits partout dans le monde, défend l’Ukraine contre l’agression russe, et applaudit les minorités nationales… sauf chez elle. Elle refuse de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires pourtant obligatoire pour tous les États souhaitant adhérer à l’Union européenne. Cette posture impérialiste n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans une tradition remontant à la Révolution française, qui visait à imposer le français comme seule et unique langue. Résultat : des langues comme le breton, l’occitan, l’alsacien ou le corse sont en danger critique. La France se permet de critiquer d’autres États tout en pratiquant une politique linguistique assimilatrice qu’elle dénoncerait ailleurs comme « ethnocidaire ».
Ce qui vaut pour l’Ukraine doit valoir pour la France
La déclaration hongroise n’est pas seulement une pique diplomatique. Elle met en lumière une contradiction fondamentale : comment la France peut-elle exiger des standards qu’elle refuse d’appliquer ? Pour la Bretagne, comme pour les autres nationalités de l’Hexagone, l’heure n’est plus aux compromis timides, mais à une clarification : la France doit se conformer à ce qu’elle prêche chez les autres.
Budig Gourmaelon
Recevez notre newsletter par e-mail !
