Selon une analyse du Telegraph des données officielles de l’enseignement supérieur (HESA) pour l’année universitaire 2024/25, les étudiants blancs sont désormais minoritaires dans 27 universités du Royaume-Uni sur 147, soit près d’une sur cinq. Ce chiffre a plus que doublé en dix ans : ils n’étaient minoritaires que dans 13 établissements en 2014-15.
Dans certains établissements, la proportion est particulièrement basse : 23 % à l’Université d’Aston, 26 % à l’Université de Bradford, et 27 % à Brunel University London ainsi qu’à la SOAS University of London. Les étudiants blancs britanniques sont sous-représentés par rapport à leur part dans la population nationale (recensement 2021) dans 80 universités, contre 65 une décennie plus tôt. Parmi les 24 universités du Russell Group, 15 affichent une proportion inférieure à la moyenne nationale (contre 10 en 2014-15).
Malgré ce changement démographique, au moins dix de ces 27 universités continuent d’offrir des bourses, allocations ou aides financières réservées exclusivement aux étudiants noirs, asiatiques ou issus de minorités ethniques (BAME). Certaines atteignent jusqu’à 18 000 £ ou 23 000 £ par an. Exemples cités :
- University College London (environ 48 % d’étudiants blancs) : bourse de 23 000 £ par an pour des étudiants noirs ou métis noirs en informatique, plus la Amos Bursary pour des hommes d’origine africaine ou caribéenne.
- Imperial College London (42 % d’étudiants blancs) : bourses couvrant les frais de scolarité complets pour les étudiants noirs en ingénierie, médecine, sciences naturelles et commerce.
- Queen Mary University of London (environ 30 % d’étudiants blancs) : bourses en sciences humaines et sociales couvrant les frais de scolarité plus une allocation de vie de 18 062 £ par an pour les étudiants de minorités ethniques.
Ces dispositifs suscitent de vives critiques. Le professeur Eric Kaufmann (Université de Buckingham) les qualifie de « discrimination raciale pure et simple » et appelle à leur abolition. Suella Braverman (porte-parole de Reform UK pour l’éducation) demande la fin immédiate de ces programmes « racialement discriminatoires » et plaide pour juger les personnes sur leurs talents, non sur leur couleur de peau. Les étudiants blancs issus de la classe ouvrière sont souvent cités comme l’un des groupes les plus sous-représentés dans l’enseignement supérieur.
Le débat s’inscrit dans le cadre de l’Equality Act 2010, qui autorise une « action positive » dans certaines conditions pour combattre les désavantages ou la sous-représentation. Les critiques estiment que certaines universités en abusent, tandis que les partisans y voient un moyen d’améliorer l’accès des communautés historiquement défavorisées.
Konan Riou
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