Le récent entretien accordé par Erwan Pradier, président du Parti national breton (PNB), à la télévision d’État algérienne, Canal Algérie, marque un tournant pour la cause nationale bretonne. Pour la première fois depuis des décennies, la question des droits politiques et culturels de la Bretagne, nation millénaire sous occupation française, a été portée sur une scène médiatique internationale. Loin d’être anodin, cela révèle l’émergence d’une conscience nationale bretonne agissante, capable de replacer la Bretagne en Europe, d’inscrire celle-ci dans une géopolitique indépendante, conformément aux intérêts de la Bretagne et, demain, de l’État breton. Pourtant, comme il était prévisible, cet événement a suscité des réactions hystériques et hypocrites de la presse française, à l’image de l’article publié par 20 Minutes le 14 mai 2025, sans surprise signé de la main d’un harki breton dénommé Jérôme Gicquel utilisé pour l’occasion, qui illustre parfaitement l’incapacité de l’État français et de ses relais médiatiques à tolérer l’idée même d’une Bretagne souveraine.
Les faits : pas plus que les Écossais ne sont anglais. les Bretons ne sont pas et n’ont jamais été français. https://t.co/k5BCfyuEdi
— Parti National Breton – Strollad Broadel Breizh (@pnbsbb) May 15, 2025
Une tribune internationale pour la cause bretonne
L’entretien d’Erwan Pradier sur Canal Algérie, diffusé le 11 mai 2025 dans le journal télévisé de la chaîne, a permis de présenter la Bretagne non pas comme une simple « région » française, mais comme une nation, colonisée et spoliée de ses droits politiques et culturels par un État français qui n’a renié de son caractère impérialiste. Cette intervention, qualifiée de « grotesque » par 20 Minutes, est en réalité une avancée stratégique pour le mouvement national breton. En s’adressant à un public international, le PNB a brisé le monopole de l’État français sur le récit historique et politique de la Bretagne. Cette démarche d’internationalisation rappelle des précédents historiques, comme celui de l’Irlande, dont les leaders nationalistes, tels qu’Éamon de Valera, ont su mobiliser le soutien de la diaspora et des nations étrangères pour faire entendre leur cause contre l’occupation britannique. De la même manière, la Bretagne, en s’exprimant sur une plateforme internationale, pose le principe d’une reconnaissance internationale de son statut de nation occupée.
L’article de 20 Minutes dénonce avec véhémence cette initiative, accusant Canal Algérie de « désinformation » et reprenant à son compte une rhétorique impérialiste qui nie la réalité historique de l’occupation française. Le passage suivant est particulièrement révélateur : « Sans vouloir faire ici une thèse sur l’histoire de la Bretagne, on rappellera simplement que la Bretagne, n’en déplaise aux indépendantistes, fait bien partie de la France et qu’elle n’est en aucun cas ‘colonisée’ ou ‘occupée’ comme le sous-entend ce grotesque reportage. » Cette affirmation, d’une rare malhonnêteté intellectuelle, passe sous silence des siècles d’histoire marqués par l’annexion forcée, la répression culturelle et l’effacement progressif de l’identité bretonne menée par l’État français. Elle illustre une constante de l’État français : dès que la Bretagne affirme sa conscience nationale, elle devient une menace qu’il faut discréditer à tout prix.
Une occupation française illégale et historiquement documentée
La Bretagne, une des plus anciennes nations d’Europe, avec une histoire remontant à l’Antiquité et une indépendance consolidée au Moyen Âge, a été annexée par la France à travers une série d’actes illégaux et violents. Les travaux de l’historien et juriste Louis Mélennec, spécialiste du droit international, démontrent sans ambiguïté que l’annexion de la Bretagne par la France, scellée par l’illégal « édit d’union » de 1532, repose sur une violation des droits souverains du duché de Bretagne. Ce traité, signé sous la contrainte et dans un contexte de pression militaire, n’a jamais été ratifié par un processus légitime respectant la volonté du peuple breton. À cela s’ajoute le coup d’état de la nuit du 4 août 1789, qui a dissous les institutions nationales bretonnes, suivi par deux siècles de politiques assimilationnistes visant à éradiquer la langue, la culture et la nationalité bretonnes.
Cette réalité historique est niée par la presse française, qui préfère brandir le spectre de l’« intégrité nationale » pour disqualifier toute revendication bretonne. L’article de 20 Minutes va jusqu’à affirmer que le PNB serait « néo-nazi », une accusation diffamatoire visant à salir la cause bretonne en l’associant à une forme d’extrémisme. Ce type de rhétorique n’est pas nouveau : elle rappelle les campagnes de dénigrement menées contre les nationalistes irlandais, accusés de « trahison » par l’Empire britannique lorsqu’ils cherchaient des appuis internationaux pour leur lutte. L’État français, en qualifiant la Bretagne de « région » et en rejetant l’idée qu’elle occuperait notre nation, adopte une posture typiquement coloniale, où la puissance dominante impose sa version de l’histoire pour mieux justifier sa domination.
La Bretagne, une nation en quête de liberté
La Bretagne n’est pas une « région » comme le prétend l’État français, mais une nation avec une langue, une culture, une histoire et un territoire distincts. Son combat pour la liberté nationale s’inscrit dans une longue tradition de résistances européennes face aux vieux impérialismes. L’exemple de l’Irlande est ici éclairant : au début du XXe siècle, les Irlandais, confrontés à une occupation britannique séculaire, ont su mobiliser des soutiens internationaux, notamment aux États-Unis, pour obtenir leur indépendance en 1922. De même, les Catalans, les Écossais ou encore les Corses ont porté leurs revendications sur la scène internationale, obligeant les États centraux à reconnaître l’existence d’une question nationale.
L’intervention d’Erwan Pradier sur Canal Algérie s’inscrit dans cette dynamique. En dénonçant l’« effacement culturel » et la « répression » exercée par la France, le PNB pose la Bretagne comme un acteur géopolitique à part entière. Cette internationalisation est d’autant plus cruciale que l’État français refuse tout dialogue sur la question nationale bretonne, préférant la répression et la censure. Les réactions outrées de la presse française, à l’image de 20 Minutes, traduisent une panique face à cette prise de parole libre et indépendante. L’accusation de « désinformation » portée contre Canal Algérie n’est qu’un prétexte pour masquer l’incapacité de l’État français à répondre sur le fond aux arguments du PNB. Car comment justifier, sinon par la force, une occupation qui prive un peuple de son droit à l’autodétermination, garanti par la Charte des Nations unies ?
Une presse française aux ordres de l’impérialisme
L’article de 20 Minutes illustre parfaitement l’hypocrisie d’une presse française qui se drape dans les oripeaux de l’objectivité tout en servant les intérêts de l’État impérialiste qu’elle sert et auquel elle s’identifie. En qualifiant le reportage de Canal Algérie de « grotesque » et en niant l’occupation française, 20 Minutes, et tous les médias français, adopte une posture qu’elle reproche par ailleurs à la Russie en Ukraine. Cette indignation sélective est révélatrice : l’État français et ses relais médiatiques ne réagissent que lorsque la Bretagne se dote d’une voix propre, capable de contester le récit officiel dicté par Paris. Réduire cette histoire à une caricature est une stratégie vieille comme le colonialisme : délégitimer pour mieux dominer.
Vers une Bretagne souveraine
L’entretien d’Erwan Pradier sur Canal Algérie doit être vu comme une étape dans un processus plus large : celui de la restauration de l’État breton. En s’adressant au monde, le PNB rappelle que la Bretagne n’est pas condamnée à n’être qu’une « région » française, mais qu’elle peut redevenir une nation souveraine, libre de ses choix politiques, culturels et économiques. Ce combat, loin d’être « grotesque », est une lutte légitime pour l’autodétermination, un droit fondamental reconnu par le droit international, que mènent d’autres nations en Europe : Écosse, Flandre, Catalogne, Pays de Galles, Corse, entre autres.
L’exemple de l’Irlande, une fois encore, nous inspire. Après des siècles d’occupation, les Irlandais ont su transformer leur lutte en un mouvement mondial, aboutissant à la création d’un État indépendant. La Bretagne, forte de son histoire, de sa langue et de sa culture, a les mêmes atouts pour s’émanciper. L’internationalisation de la cause bretonne, comme l’a initiée le PNB, est une étape essentielle pour briser le carcan de l’État français et faire entendre la voix d’un peuple trop longtemps réduit au silence.
Face aux réactions hystériques de la presse française, nous, Bretons, devons rester unis et déterminés. L’article de 20 Minutes n’est qu’un symptôme de la peur de l’État français face à une Bretagne qui s’éveille. À nous de poursuivre ce combat, en Bretagne et à l’international, jusqu’à ce que notre nation retrouve sa place parmi les peuples libres du monde.
Budig Gourmaelon
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