EMSAV : 28 août 1882, naissance de Georges Le Rumeur, père fondateur du nationalisme breton

EMSAV – Georges Le Rumeur, connu sous le pseudonyme de Mathaliz ou Mathaliz-Ab-Gwenc’hlan, est une figure marquante du nationalisme breton au début du XXe siècle. Né le 28 août 1882 à Felger (Fougères), il s’éteint le 16 octobre 1941 à Azay-le-Rideau. Écrivain, barde et militant, il a joué un rôle clé dans la fondation du mouvement nationaliste breton et dans la promotion de la culture et de la langue bretonnes.

Engagement dans l’Emsav

En 1907, Georges Le Rumeur est intronisé barde au Gorsedd de Bretagne, à Sant-Brieg (Saint-Brieuc), sous le nom de Mathaliz-Ab-Gwenc’hlan, marquant son ancrage dans la tradition culturelle bretonne. Il s’engage activement dans la défense de l’identité bretonne, mêlant patriotisme ardent et création littéraire. En 1911, il co-fonde le Parti nationaliste breton (PNB) aux côtés de Camille Le Mercier d’Erm, un parti visant à promouvoir l’indépendance de la Bretagne et à s’opposer à la centralisation française. Ce premier PNB, qui existe de 1911 à 1914, regroupe des tendances variées, allant de courants radicaux et libertaires à des positions conservatrices.

Le Rumeur participe également à la création de Breiz Dishual (Bretagne libre), l’organe mensuel du PNB, lancé en juillet 1912. Il fait partie du comité de rédaction, aux côtés de figures comme Camille Le Mercier d’Erm, Louis Napoléon Le Roux et d’autres militants bretons, sous divers pseudonymes comme Mathilin Treger. Ce journal, publié jusqu’en 1914, sert de plateforme pour diffuser les idées nationalistes et promouvoir la culture bretonne.

Contributions littéraires et culturelles

Georges Le Rumeur est un écrivain prolifique, particulièrement dans le domaine de la poésie en langue bretonne. Son recueil Breiz Divarvel est un exemple notable de son œuvre, caractérisée par un patriotisme fervent et une exaltation de l’identité bretonne. Il illustre également des publications nationalistes, comme le recueil de chants de guerre Pour les Bretons ! d’Alain Gurval en 1914, où ses dessins, signés Mathaliz, accompagnent des textes militants.

Il collabore à plusieurs revues bretonnes, telles que Bleuniou Yaouankiz et Barzaz Taldir Ab Herninn, où il publie poésies, contes et autres écrits, contribuant à la vitalité de la littérature bretonne. Ses œuvres, souvent empreintes d’un fort sentiment identitaire, s’inscrivent dans le mouvement de renaissance culturelle bretonne de l’époque.

Positionnement idéologique

Le nationalisme de Georges Le Rumeur s’inscrit dans un contexte où l’Emsav est divisé entre autonomisme, fédéralisme et nationalisme. Le PNB de 1911, qu’il contribue à fonder, est influencé par les mouvements d’indépendance celtes, notamment irlandais, et prône une Bretagne souveraine. Son action se concentre principalement sur la période précédant la Deuxième Guerre mondiale, marquée par un militantisme culturel et politique.

Héritage et postérité

Georges Le Rumeur reste une figure importante de la première vague du nationalisme breton, à une époque où le mouvement cherchait à poser les bases d’une identité politique et culturelle distincte. Ses écrits et son engagement dans le PNB ont contribué à structurer le discours nationaliste breton, tout en s’appuyant sur une vision romantique et patriotique de la Bretagne. Ses œuvres littéraires, consultables notamment au Centre de recherche bretonne et celtique à Brest, témoignent de son attachement à la langue et à la culture bretonnes.

Olier Kerdrel

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By La rédaction

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