À Naoned (Nantes), un chapitre important s’écrit dans la longue histoire de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Après plusieurs années marquées par l’incendie criminel de 2020 perpétré par un migrant du Rwanda et une restauration minutieuse, les statues emblématiques du tombeau du duc de Bretagne François II et Marguerite de Foix reviennent enfin dans leur écrin originel.
Commandé par la duchesse Anne de Bretagne pour honorer ses parents, ce monument funéraire constitue l’un des chefs-d’œuvre majeurs de la sculpture de la fin du Moyen Âge et du début de la Renaissance. Réalisé notamment par le grand sculpteur Michel Colombe, il associe marbre, albâtre et une riche iconographie symbolique.
Un joyau endommagé par l’incendie de 2020
Le 18 juillet 2020, un incendie criminel ravageait la cathédrale de Nantes, provoquant des dégâts considérables. Si les flammes n’ont pas directement touché le tombeau, les suies, le plomb fondu et les cendres ont gravement altéré les pierres : marbre et albâtre tachés, remontées de sels agressifs attaquant la base en serpentine. Une intervention d’urgence a permis de protéger l’ensemble dans un sarcophage temporaire, mais une restauration complète s’est imposée. En 2023, les différentes parties du monument ont été démontées. Les pierres les plus fragiles ont été immergées dans des bains de dessalement pour stopper la dégradation chimique. Parallèlement, les statues ont fait l’objet d’une restauration soignée.
Une parenthèse artistique à Tours
De mai à novembre 2025, les gisants de François II et Marguerite de Foix, ainsi que les quatre vertus cardinales (Prudence, Justice, Tempérance et Force), le lévrier et le lion, ont été exceptionnellement exposés dans la cathédrale Saint-Gatien de Tours. Cette présentation a permis au public de (re)découvrir ces œuvres majeures dans un cadre différent, en attendant leur réintégration.
Retour progressif dans la cathédrale nantaise
Depuis janvier 2026, les statues ont regagné Nantes. Les gisants de marbre et les figures allégoriques sont en cours de réinstallation dans la cathédrale. Le remontage complet du tombeau, qui exige une précision extrême et une nouvelle isolation du sol (remplacement des plâtres et mortiers par des matériaux adaptés), est prévu pour la fin de l’année 2026. Selon Marc Le Bourhis, directeur de la DRAC, cette opération délicate vise à préserver « un joyau, une merveille » de la sculpture bretonne tout en garantissant sa pérennité pour les siècles à venir. Des recherches archéologiques menées par l’Inrap apportent également de nouvelles connaissances sur les étapes de construction du monument.
Un symbole breton renforcé
Ce retour marque une étape symbolique forte. Le tombeau de François II (dernier duc indépendant de Bretagne) et de Marguerite de Foix incarne une page décisive de l’histoire bretonne, juste avant l’annexion par la France. Sa restauration et sa remise en place rappellent l’importance de préserver ce patrimoine national breton. D’ici la fin 2026, les Bretons pourront à nouveau admirer ce monument dans toute sa splendeur, dans la cathédrale désormais pleinement rouverte depuis septembre 2025. Un retour aux sources qui ravira les passionnés d’histoire, d’art et de Bretagne.
Olier Kerdrel
Recevez notre newsletter par e-mail !
