Catastrophe de Ceuta : défendre la frontière bretonne n’est plus une idée absurde, ce sera demain une nécessité (Éditorial)

Ceuta et Melilla sont deux villes autonomes espagnoles situées sur la côte nord-africaine, enclaves étatiques européennes sur le continent africain. Ceuta, sous contrôle espagnol depuis 1580 (après une période portugaise), et Melilla, conquise en 1497, constituent des points de friction migratoire permanents. Leur statut juridique les place dans l’espace Schengen, mais avec un régime spécifique unique : les contrôles Schengen s’exercent à la sortie (par mer ou air vers la péninsule ibérique). Une entrée irrégulière à Ceuta ou Melilla n’ouvre donc pas automatiquement le droit de circuler librement dans le reste de Schengen ni même vers l’Espagne continentale. Des filtres supplémentaires (identification à l’embarquement) empêchent les mouvements secondaires non autorisés.

Le cadre légal repose sur le droit espagnol, le droit de l’UE et les accords bilatéraux. Les « devoluciones en caliente » (expulsions à chaud) ont été validées par la Cour constitutionnelle espagnole et, dans une certaine mesure, par la Cour européenne des droits de l’homme sous conditions.

La politique migratoire du gouvernement socialiste espagnol

Depuis 2018, le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez a sciemment ouvert les vannes, multiplié les signaux d’appel d’air et transformé l’Espagne en passoire de l’immigration de masse vers l’Europe. Les faits sont accablants. Sous Sánchez, l’Espagne a enchaîné les régularisations massives. La dernière, en 2026, a recueilli plus d’un million de demandes de migrants clandestins. Une amnistie géante qui récompense l’entrée illégale et encourage les suivantes. Les chiffres d’arrivées irrégulières via les Canaries, Ceuta, Melilla et la Méditerranée occidentale ont explosé. Les pics documentés par le ministère de l’Intérieur espagnol et Frontex montrent une pression structurelle entretenue.

Sánchez a systématiquement critiqué les pays qui protègent réellement leurs frontières (Hongrie, Grèce, États baltes) tout en se rangeant du côté des politiques d’accueil maximalistes. Il a multiplié les accords de coopération avec le Maroc… qui se sont révélés des leviers de chantage. Chaque fois que Rabat a voulu faire pression (2021, puis 2026), la police marocaine a organisé l’infiltration de dizaines de milliers de migrants en Espagne. Le gouvernement socialiste espagnol a préféré remercier « la coopération » marocaine plutôt que d’assumer que sa politique le rend otage d’une dictature qui instrumentalise les flux migratoires.

Le résultat : une frontière poreuse, des images de chaos à Ceuta en juillet-août 2026 (50 000 à 60 000 entrées en quelques jours), des dizaines de morts, et une population locale espagnole abandonnée. Sánchez et les socialistes n’ont pas « mal géré » l’immigration. Ils l’ont utilisée comme outil idéologique et électoral : remplacer une partie de la population espagnole, diluer les résistances identitaires, créer une clientèle captive, et affaiblir toute idée de souveraineté nationale. C’est un calcul cynique et un sabotage méthodique des frontières et de la cohésion du pays.

Les dessous géopolitiques de la crise

Le Maroc contrôle de facto l’accès aux enclaves. Rabat a plusieurs fois utilisé la pression migratoire comme levier diplomatique, notamment en mai 2021 lorsque les autorités marocaines ont temporairement relâché la surveillance après des tensions liées à l’accueil en Espagne du leader du Front Polisario Brahim Ghali. Des milliers de personnes, dont de nombreux mineurs, ont alors traversé. Le Maroc a depuis renforcé sa coopération en échange de soutien diplomatique sur le Sahara occidental.

Le rapprochement Maroc-Israël, officialisé dans le cadre des Accords d’Abraham (décembre 2020) sous l’égide des États-Unis, a modifié le paysage géopolitique régional. Israël et le Maroc développent une coopération sécuritaire et technologique croissante. Certains analystes notent que cette normalisation a renforcé la position de Rabat face à l’Algérie et au Polisario, tout en donnant à Israël un partenaire stratégique au Maghreb.  

Le gouvernement de Pedro Sánchez a adopté une ligne très critique à l’égard d’Israël, notamment sur la guerre à Gaza, la reconnaissance de la Palestine et des déclarations hostiles répétées. Cela a dégradé fortement les relations diplomatiques. Israël a réagi par des critiques publiques. Lors de la crise de Ceuta fin juillet 2026, l’ambassadeur israélien aux Nations unies, Danny Danon, a publié un message sarcastique rappelant que l’Espagne « ne rate jamais une occasion de donner des leçons à Israël » tout en maintenant des « enclaves coloniales en Afrique ».

Pendant et après l’afflux massif à Ceuta (50 000 à 60 000 personnes), des analystes, des commentaires sur les réseaux et certains articles ont avancé l’hypothèse que le Maroc aurait pu être encouragé, ou du moins se sentir plus à l’aise, grâce à son alliance avec Israël et les États-Unis, pour exercer une pression migratoire sur Madrid. Des textes publiés précédemment (notamment un article d’opinion d’un analyste pro-israélien marocain sur Ynet en avril 2026) avaient déjà suggéré qu’Israël pouvait appuyer diplomatiquement les revendications marocaines sur Ceuta et Melilla dans le cadre de l’axe Abraham Accords / Washington.

 La position de la France et sa propre politique migratoire

Sous Emmanuel Macron, la France a mené une politique migratoire marquée par un double langage permanent et des choix concrets qui ont favorisé l’entrée et l’installation durable des populations extra-européennes. Le président a multiplié les formules de fermeté sans lendemain, tout en maintenant dans les faits une logique d’immigration massive : soutien aux mécanismes européens de redistribution des demandeurs d’asile, critiques répétées des pays qui construisent des clôtures ou refusent les quotas, et refus d’une rupture claire avec le droit d’asile et les conventions internationales. Les régularisations partielles, les titres de séjour délivrés massivement (« au cas par cas »), les naturalisations et les dispositifs d’hébergement d’urgence ont continué d’alimenter un flux permanent.

Les chiffres de l’OFPRA, du ministère de l’Intérieur et d’Eurostat montrent, année après année, des centaines de milliers de demandes d’asile et d’entrées irrégulières, des passages répétés par la Méditerranée, la Manche et les flux secondaires depuis l’Italie ou l’Espagne, ainsi qu’une pression constante sur les DOM-TOM. Les débats sur l’intégration, la délinquance, le coût social et les tensions communautaires n’ont jamais conduit à un changement de cap radical. Dans le même temps, Paris a régulièrement présenté les politiques de « forteresse » de la Hongrie, de la Grèce, de l’Italie de Meloni ou des États baltes comme contraires aux « valeurs européennes » (jamais définies), tout en subissant elle-même les conséquences de l’ouverture des frontières de la France. Le résultat est une contradiction flagrante entre un discours de contrôle de pure forme et la réalité d’une immigration de masse, encouragée à tous les niveaux, qui bouleverse en profondeur la composition démographique et sociale de l’Europe.

La Bretagne face aux menaces

Dans ce contexte européen de retour du réalisme frontalier, la question bretonne prend une actualité particulière. Le Parti National Breton (PNB) défend dans son programme la restauration progressive de la souveraineté bretonne et le contrôle des frontières de la Bretagne par un véritable gouvernement breton. Ses propositions incluent le développement de moyens modernes de surveillance (technologies de détection, coopération policière renforcée, contrôle des flux d’entrée), la priorité à la sécurité des populations et la critique d’une ouverture non maîtrisée héritée de l’État français. Ces positions s’inscrivent dans une logique de protection des intérêts spécifiques de la Bretagne.

La restauration de la frontière bretonne, qui peut encore paraître peu sérieuse à beaucoup, ne fera que gagner en évidence. Les principales menaces sécuritaires, migratoires en tête, qui pèsent sur la Bretagne viennent exclusivement de l’Est, c’est-à-dire de la France et des flux qu’elle gère (ou ne gère pas) sur son territoire. Comme les États baltes face à la Russie/Biélorussie, comme la Grèce face à la Turquie ou la Hongrie face aux routes balkaniques, la Bretagne a vocation à assurer sa propre protection en organisant la défense de sa frontière. L’expérience de Ceuta et Melilla montre qu’une frontière non défendue devient un point de vulnérabilité exploité par des acteurs extérieurs, mafieux ou étatiques. Des moyens modernes – surveillance technologique, coopération ciblée, cadre juridique clair – sont indispensables. L’histoire récente des crises migratoires européennes confirme que ceux qui négligent le contrôle de leurs frontières le paient en termes sécuritaires, économiques, sociaux et de souveraineté. La Bretagne peut, en un temps relativement court, devenir maîtresse de son territoire. Il lui faut désormais la volonté politique pour y parvenir.

Budig Gourmaelon

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By La rédaction

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