Conférence de presse du FLNC : L’État français dénoncé comme seul responsable de l’escalade, appel urgent à la reconnaissance de la nation corse

Corse, 6 août 2026 — Dans une conférence de presse clandestine qui a secoué l’actualité politique insulaire, le FLNC Union des combattants est sorti de plus d’un an de silence pour tirer la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de « faute grave » de l’État français. Face à une quinzaine de journalistes, des militants armés ont dénoncé le projet d’autonomie comme une impasse mortifère, réaffirmant leur lutte pour la reconnaissance pleine et entière de la nation corse.

La fermeture de la fenêtre politique

La conférence de presse intervient dans un climat de crispation maximal, à la veille des Ghjurnate Internaziunale de Corti qui devaient ouvrir ce vendredi 7 août. Le mouvement clandestin a rappelé les origines de la crise actuelle : le processus engagé depuis l’accord de Beauvau en 2023, présenté comme une avancée historique, s’est transformé en « mascarade ».

Le 23 juin dernier, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse. Un texte qui doit être examiné au Sénat à partir du 21 octobre prochain, mais que le FLNC rejette catégoriquement. « Ce projet aboutit à la négation de l’existence de notre peuple et au reniement des principales revendications de ces dernières décennies », ont déclaré les porte-parole.

L’État français provoque l’escalade

Les représentants du mouvement ont vigoureusement dénoncé la responsabilité de l’exécutif français dans la dégradation de la situation. L’État français a délibérément fermé toute issue politique sérieuse en éludant les revendications fondamentales du peuple corse.

Le FLNC dénonce particulièrement l’absence de reconnaissance du statut de résident, la non-coofficialité de la langue corse, le refus d’un pouvoir législatif effectif et surtout le déni des droits nationaux du peuple corse. « L’État français a choisi la provocation plutôt que la négociation », ont-ils reconnu, qualifiant le projet d’autonomie de « piège constitutionnel » destiné à enfermer la Corse dans le cadre français.

Cette fermeture des voies politiques légitimes est, selon eux, la seule et unique cause de l’escalade actuelle. « Nous sommes déjà dans l’après-Beauvau », ont-ils prévenu, signifiant que la phase de confiance dans les institutions françaises est révolue.

Des revendications non négociables

Le FLNC a réaffirmé ses exigences fondamentales, présentées comme des impératifs historiques :

  1. La reconnaissance de la nation corse : Un statut de peuple distinct avec droit à l’autodétermination
  2. Le statut de résident : Protection des Corses face à la spéculation immobilière et à la colonisation démographique
  3. La coofficialité de la langue corse : Égalité réelle entre français et corse dans l’administration et la vie publique
  4. Un pouvoir législatif corse : Capacité réelle de l’île à légiférer sur tous les domaines concernant son destin
  5. L’amnistie des prisonniers politiques : Libération des détenus nationalistes, symbole de la répression étatique

Appel à la reconnaissance immédiate

En conclusion, le FLNC a lancé un appel solennel à la communauté internationale et aux institutions démocratiques. « Nous exigeons la reconnaissance immédiate de la nation corse et de ses droits nationaux inaliénables », ont déclaré les porte-parole, réaffirmant que seule une solution fondée sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes pourrait régler durablement la question corse.

Le mouvement a également adressé un avertissement aux nouveaux arrivants sur l’île : « Restez chez vous. Ne vous considérez pas en sécurité sur notre territoire », une mise en garde qualifiée par les autorités françaises de « menace terroriste », justifiant l’ouverture d’une enquête par le Parquet national antiterroriste pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme ».

Pour le FLNC, cette réaction répressive de l’État ne fait que confirmer son analyse : « La France préfère la force au dialogue. Elle en assume les conséquences. »

Budig Gourmaelon

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By La rédaction

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