Le Festival Interceltique de Lorient (FIL), symbole de l’identité celtique contemporaine de la Bretagne, traverse une crise alarmante, révélée par un déficit de 111 256 € pour un budget de 7,1 M€, des fonds propres en chute libre à moins de 300 000 € et un excédent de fonds de roulement incapable de couvrir un mois de salaires. Cette situation, dénoncée par Hervé Cornic, ancien administrateur du FIL, reflète un mal plus profond : la dépendance chronique du festival, tout comme de Sonerion, aux subsides de la gauche française et d’un État français qui pille fiscalement la Bretagne tout en favorisant la culture parisienne. Cette soumission à la gauche socialiste et à l’État français trahit l’héritage de Polig Monjarret, père du mouvement nationaliste des bagadoù, et appelle une alternative radicale : l’autonomie bretonne immédiate.
Le FIL, né en 1971 d’une compétition de bagadoù, incarne l’âme de la Bretagne et des nations celtes. Sonerion, fédération des bagadoù, portait cet héritage en promouvant la musique bretonne. Pourtant, les deux structures se retrouvent aujourd’hui à la merci de subventions publiques stagnantes depuis une décennie, alors que les coûts explosent. Cette fragilité financière n’est pas un accident : elle découle d’une dépendance structurelle aux élus politiques, souvent socialistes, et à un État français qui, s’il ponctionne lourdement les contribuables bretons, dicte ses priorités à la Bretagne. À Lorient, le maire Fabrice Loher, éphémère ministre du gouvernement de Paris, et les élus de Lorient Agglomération opèrent dans un cadre où la Bretagne est reléguée au rang de province folklorique.
Cette soumission est une trahison de l’héritage de Polig Monjarret, qui fonda Sonerion (alors BAS) pour affirmer l’identité bretonne face à l’assimilation française. Monjarret rêvait d’une Bretagne fière, libre, où la culture ne serait pas un outil de distraction touristique mais un vecteur d’émancipation. Aujourd’hui, Sonerion et le FIL, en quête de financements, se plient aux exigences d’élus socialistes et d’un État français qui instrumentalise la culture bretonne à des fins touristiques pour mieux la domestiquer. Pendant ce temps, l’État français injecte des millions d’euros chaque année dans des événements parisiens « délocalisés » comme le Festival d’Avignon, qui glorifie la bourgeoisie parisienne. La Bretagne, elle, est fiscalement pillée : ses richesses partent alimenter les caisses de Paris, tandis que ses institutions culturelles mendient des subsides.
Cette dépendance, causée par la faiblesse politique de la nation bretonne, est d’autant plus criante que le FIL et Sonerion semblent incapables de “réduire la voilure” ou d’innover face à la crise. Le badge du FIL, porté à 10 €, illustre cette gestion court-termiste, qui fait peser le fardeau sur les festivaliers plutôt que de questionner ce modèle de dépendance coloniale. La gauche socialiste française, dominante dans les instances locales, entretient cette inertie en liant les subventions à des impératifs politiques, transformant ces institutions en vassales d’un système étranger qui méprise depuis toujours l’identité bretonne. Cette allégeance à l’État français et à ses relais locaux est une abdication culturelle : le FIL et Sonerion, jadis symboles de résistance, deviennent des outils au service de la gauche hexagonale qui ne tolère la culture bretonne que tant qu’elle reste inoffensive politiquement.
Face à ce constat, le Parti National Breton propose une alternative : l’autonomie immédiate de la Bretagne. La Bretagne doit reprendre le contrôle de son destin, y compris, voire surtout, de sa vie culturelle. Cela passe par la création d’un ministère de la Culture bretonne au sein d’un gouvernement breton pleinement autonome, financé par des contributions bretonnes et des mécènes internationaux, libéré des diktats parisiens. Les bagadoù et le FIL pourraient s’appuyer sur un réseau d’entreprises bretonnes et de la diaspora celtique, à l’image des modèles irlandais ou écossais, où les institutions culturelles prospèrent grâce à une gouvernance autonome. Une Bretagne souveraine pourrait aussi négocier directement des partenariats avec d’autres nations celtes, renforçant l’interceltisme sans passer par le filtre français.
La crise du FIL et de Sonerion est un symptôme de la tutelle culturelle imposée par Paris, avec les effets dégénératifs que l’on constate. Il est temps de rompre avec cette soumission, de rendre à Polig Monjarret l’hommage qu’il mérite : une Bretagne libre, où la culture est un acte de résistance et de création, non une mendicité. L’autonomie, puis l’indépendance, sont les seules voies pour que la Bretagne retrouve sa voix et son avenir.
Budig Gourmaelon
Image : The City of Melbourne Highland Pipe Band, Wikicommons
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