Le 19 mai 2025, la cour d’assises de la Loire-Atlantique a condamné Ozkan Tastan, 47 ans, à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa fille Selen, 18 ans, jetée du pont de Saint-Nazaire le 28 juin 2022. Selon Ouest-France (19 mai 2025, « Loire-Atlantique : 20 ans de réclusion pour le père qui a jeté sa fille du pont de Saint-Nazaire »), l’accusé a été vu par une douzaine de témoins « propulsant » sa fille par-dessus la rambarde du pont, culminant à 60 mètres. Selen s’est écrasée sur l’eau, dure « comme du béton », selon un expert, après un « salto face au ciel bleu » (Ouest-France, 19 mai 2025).
L’incident s’est produit après une dispute, alors que Tastan et sa fille rentraient du Pellerin, où Selen avait passé la nuit chez son petit ami, Mohamed, décrit comme un « trafiquant de stupéfiants » qui la « maltraitait ». Tastan, « colérique », avait menacé de « buter » sa fille si elle « replongeait dans la drogue », selon un collègue. Sur le pont, Selen aurait « serré le frein à main » de la camionnette, arrêtant le véhicule. Tastan l’a alors saisie par la jambe et projetée dans le vide, selon les témoins. Il a ensuite enjambé la rambarde, mais une patrouille de gendarmerie l’a ramené à la raison. Il a « vociféré avec virulence » contre « les mecs qui droguent les jeunes » et a admis devant un gendarme : « J’ai tué ma fille ».
L’avocat général a écarté l’idée d’un suicide, notant que Selen, bien que souffrant d’un « mal-être évident », n’avait pas de comportement suicidaire sérieux, malgré une tentative avec du Doliprane et des scarifications. La défense a évoqué des « arrière-pensées suicidaires » de Selen, citant ses propos : « J’ai ma place nulle part, sauf sous un pont », et a dénoncé des « biais cognitifs » des témoins. Les jurés ont suivi les réquisitions, condamnant Tastan à 20 ans de prison, avec interdiction de port d’arme pendant 15 ans et inéligibilité pendant 10 ans. Aucun proche de Selen ne s’est constitué partie civile.
Ewen Broc’han
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