Le 1er octobre 1793 marque une date sinistre dans l’histoire de l’Hexagone. Ce jour-là, la Convention dite nationale, menant une politique de terreur d’État, adopte un décret modificatif d’une brutalité inouïe, ordonnant non seulement l’anéantissement matériel de la Vendée insurgée contre la tyrannie jacobine, mais également l’extermination de ses habitants. Ce texte, venant compléter les lois du 1er août 1793, plonge la région dans une guerre totale, transformant le conflit en une campagne de destruction sans précédent.
La Vendée, épicentre de la révolte contre la République française
Depuis le printemps 1793, la Vendée, région rurale et profondément catholique, s’est embrasée contre le despotisme de Paris aux mains des Jacobins. Refusant la mobilisation en masse décrétée pour défendre le nouveau régime contre les monarchies européens coalisées, les paysans vendéens, rejoints par des nobles et des prêtres, se soulèvent spontanément. Leur soulèvement défie la Convention et menace le régime. En août 1793, des mesures radicales sont déjà prises : destruction des récoltes, incendie des villages, saisie des ressources. Mais le décret du 1er octobre franchit un cap supplémentaire, légalisant une véritable politique d’extermination.
Un décret d’une violence extrême
Adopté sous l’impulsion des Jacobins (gauche radicale), le décret modificatif du 1er octobre 1793 radicalise les instructions données aux armées républicaines en opération en Vendée. Là où les lois d’août visaient à briser la résistance vendéenne par la destruction matérielle – villages brûlés, bétail confisqué, cultures ravagées –, le nouveau texte va plus loin. Il ordonne explicitement l’élimination indiscriminée des habitants, qualifiés de « brigands » sans distinction d’âge ou de sexe. Hommes, femmes, enfants : tous deviennent des cibles potentielles dans cette guerre où la République française ne fait plus de quartier.

Ce décret s’inscrit dans un climat de paranoïa révolutionnaire. Le régime, assiégé par les menaces extérieures et les soulèvements populaires intérieurs, voit dans la Vendée un danger existentiel. Les généraux républicains, comme Turreau, recevront bientôt l’ordre de mettre en mouvement des « colonnes infernales » chargées d’une campagne systématique de massacres et de dévastation qui laissera des centaines de milliers de morts – les estimations évaluant le total des victimes à 250 000.
Une mémoire vive et douloureuse
L’application de ce décret transforme la Vendée en un vaste champ de ruines. Des villages entiers sont rayés de la carte, les familles massacrées, et les survivants, traqués, fuient dans les marais ou les forêts. Ce qui commence comme une répression militaire vire au génocide. Les exécutions de masse débordent en Bretagne, comme les noyades de Nantes orchestrées par Carrier.
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