30 novembre, Saint Andrews, fête nationale de l’Écosse

Le 30 novembre, l’Écosse célèbre chaque année sa fête nationale, le Saint Andrew’s Day (Latha Naomh Anndra en gaélique écossais). Cette date honore saint André, apôtre du Christ et patron officiel du pays depuis le Moyen Âge. Contrairement à la Saint-Patrick irlandaise ou à la Saint-David galloise, qui sont des fêtes anciennes et populaires, le statut officiel de « fête nationale » du 30 novembre est relativement récent : il date seulement de 2006.

Qui est saint André et pourquoi l’Écosse ?

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Saint André (mort vers 60-70 ap. J.-C.) fut crucifié sur une croix en forme de X (la fameuse « croix de Saint-André » ou saltire). Selon la tradition médiévale, ses reliques furent transportées au VIIIᵉ siècle par saint Rule (Regulus) jusqu’à la côte est de l’actuel Fife, où il fonda l’église qui deviendra la ville de St Andrews. Ce récit légendaire fit rapidement de l’apôtre le protecteur du royaume des Pictes, puis du royaume d’Alba (future Écosse).

Le moment décisif arriva en 832 lors de la bataille d’Athelstaneford (East Lothian). Le roi picte Óengus II (ou Angus mac Fergus) et ses alliés scots affrontaient les Angles de Northumbrie. La légende raconte qu’à la veille de la bataille, Óengus pria saint André et vit dans le ciel une croix blanche en X formée par les nuages sur fond bleu azur. Il jura que si l’Écosse gagnait, André deviendrait son saint patron. Le lendemain, les Pictes et Scots remportèrent une victoire inattendue. Depuis, le drapeau écossais, le Saltire (croix blanche sur fond bleu), commémore ce miracle.

Au XIIIᵉ siècle, la Déclaration d’Arbroath (1320), véritable acte fondateur de l’identité nationale écossaise, invoquait déjà saint André comme protecteur du royaume. Le saltire devint progressivement l’emblème national, intégré plus tard dans l’Union Jack après 1603.

D’une fête religieuse à une fête nationale moderne

Pendant des siècles, le 30 novembre resta surtout une fête religieuse et locale. On organisait des messes, des foires à St Andrews et quelques processions. Après la Réforme protestante (1560), les célébrations catholiques furent interdites, mais le saint conserva son statut symbolique.

Il fallut attendre le XXIᵉ siècle pour que le 30 novembre devienne officiellement la fête nationale. En 2006, le Scottish Parliament vota le St Andrew’s Day Bank Holiday (Scotland) Act, proposé par le député Dennis Canavan. L’Écosse obtint ainsi son premier jour férié officiel dédié (bank holiday) à partir de 2007. Contrairement à l’Angleterre ou au Pays de Galles, ce jour n’est pas obligatoirement chômé dans le privé, mais les institutions publiques le reconnaissent et de nombreux événements sont organisés.

Depuis, le gouvernement écossais et l’office du tourisme (VisitScotland) promeuvent activement la « Saint Andrew’s Day » avec des concerts gratuits, des feux d’artifice, des dégustations de whisky et haggis, des céilidhs (soirées de danses traditionnelles) et l’illumination en bleu et blanc des monuments (Édimbourg Castle, Kelpies, etc.).

Une fête en quête d’ampleur

Malgré son statut officiel, le 30 novembre reste moins festif que le Burns Night (25 janvier) ou le Hogmanay (31 décembre-1ᵉʳ janvier). Beaucoup d’Écossais le considèrent encore comme un jour ordinaire. Pourtant, ces dernières années, il gagne en visibilité, notamment auprès de la diaspora (États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande) et sert aussi de vitrine culturelle pour promouvoir l’Écosse dans le monde. En résumé, le 30 novembre n’est pas seulement la fête d’un saint du Iᵉʰ siècle : il incarne plus de mille deux cents ans d’histoire, de légende et d’affirmation identitaire écossaise, de la croix miraculeuse d’Athelstaneford en 832 jusqu’au jour férié voté en 2006.

Olier Kerdrel

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By La rédaction

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