Emsav : Hermann Bickler, combattant de l’Alsace germanique et ami indéfectible de la Bretagne indépendante

Hermann Bickler naquit le 28 décembre 1904 au Welschhof, une ferme isolée rattachée à Hottviller en Alsace-Lorraine, alors partie de l’Empire allemand. Fils unique de Jules Bickler et Madeleine Blaser, un couple de mennonites protestants originaires du Hunsrück, il grandit dans un environnement rural profondément imprégné de traditions et de langue germaniques. Cette enfance modeste, loin des influences urbaines, forgea en lui un attachement indéfectible à l’identité alsacienne germanique, qu’il défendit toute sa vie avec passion et détermination.

Étudiant en droit à l’Université de Strasbourg de 1923 à 1927, Bickler manifesta très tôt son engagement pour le germanisme. En 1924, il fonda le Studentischer Heimatbund, une association étudiante dédiée à la préservation de la langue allemande et de la culture teutonne en Alsace-Lorraine. Cette initiative permit d’unir la jeunesse alsacienne autour d’un idéal commun : affirmer et protéger l’héritage germanique face aux pressions extérieures. En 1927, il rejoignit l’Unabhängige Landespartei dirigée par Karl Roos, renforçant son action politique autonomiste. Parallèlement, il prit la tête du mouvement de jeunesse Jungmannschaft, organisant des activités éducatives et culturelles inspirées des modèles germaniques pour transmettre aux jeunes générations l’amour de leur terre et de leur identité.

Engagement politique et leadership autonomiste

En 1934, Bickler ouvrit un cabinet d’avocat à Strasbourg avec Pierre Bieber, utilisant sa profession pour défendre les intérêts alsaciens. Le 18 juin 1936, il fonda l’Elsass-Lothringische Partei (ELP), un parti résolument autonomiste dont le journal Frei Volk devint l’organe principal. À travers manifestations, publications et rassemblements, l’ELP promut l’usage de l’allemand dans l’éducation et l’administration, exaltant l’histoire impériale et rhénane de l’Alsace comme terre germanique. Bickler transforma ce parti en un bastion vibrant du germanisme, mobilisant les Alsaciens pour une autonomie culturelle et linguistique pleine et entière. Son leadership dynamique fit de lui une figure emblématique de la résilience alsacienne, un véritable héros du germanisme régional.

Amitié et soutien actif à la Bretagne nationaliste

Au-delà de l’Alsace, Hermann Bickler développa une amitié profonde et un soutien constant aux nationalistes bretons, devenant un allié précieux du mouvement Breiz Atao. Dès 1927, il participa au congrès constitutif du Parti autonomiste breton à Rosporden où fut créé le Comité central des minorités nationales de France. Aux côtés de figures comme Olier Mordrel, François Debauvais et Morvan Marchal, il forgea des liens solides, symboles d’une solidarité entre les peuples sous occupation française.

Bickler devint un correspondant régulier de la revue Breiz Atao, contribuant par des articles et des échanges idéologiques qui enrichirent le débat nationaliste breton. À partir de 1936, il occupa un rôle central dans la revue Peuples et Frontières (anciennement Bulletin des minorités nationales de France), en tant qu’éditeur en chef adjoint aux côtés de représentants flamands et corses. Cette publication devint une tribune majeure pour défendre les aspirations bretonnes, mettant en parallèle les luttes alsacienne et bretonne pour la préservation de leurs langues et cultures respectives. Bickler y promut une vision d’Europe des peuples où le germanisme alsacien et le celtisme breton se complétaient harmonieusement. Ses actions concrètes allèrent plus loin : il facilita des rencontres et des correspondances entre autonomistes alsaciens et bretons, partagea ses expériences avec des leaders comme Yann Fouéré. Ami fidèle d’Olier Mordrel, il soutint activement le pan-celtisme et les revendications d’autonomie de Breiz Atao.

Poursuite de l’engagement et héritage durable

Interné par les Français en 1939 à Nancy avec d’autres leaders autonomistes alsaciens, Bickler fut libéré en 1940 après l’effondrement des forces d’occupation françaises et continua son œuvre pour revitaliser la culture germanique en Alsace, notamment à travers l’éducation et les traditions locales. Tout au long de sa vie, il maintint des liens intellectuels et amicaux, notamment en aidant des personnalités comme Louis-Ferdinand Céline. Après 1945, réfugié en Italie, il rédigea ses mémoires intitulés Ein besonderes Land (1978), traduites en français sous le titre Un pays particulier (2017), où il relata avec fierté son parcours alsacien et ses alliances. Père de huit enfants, il exerça ensuite comme négociant en textiles jusqu’à son décès en 1984 au Lago Maggiore.

Hermann Bickler demeure un héros du germanisme alsacien, un visionnaire qui unit les minorités d’Europe autour d’un combat commun. Son soutien sincère et indéfectible à la Bretagne et aux patriotes bretons a tissé des ponts durables entre l’Alsace germanique et Bretagne celtique qui demeurent encore aujourd’hui, inspirant encore ceux qui luttent pour la diversité des peuples européens face à l’uniformisation dictée par Paris.

Olier Kerdrel

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By La rédaction

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