Bakou défie Paris : quand l’Azerbaïdjan réveille les nations captives de la République

Le 13 juillet 2026, lors de l’ouverture du IV Forum médiatique mondial de Shusha, le président Ilham Aliyev a une nouvelle fois affirmé avec clarté la position de l’Azerbaïdjan. Répondant à un journaliste congolais sur les narratifs néocoloniaux, il a déclaré :

« Le Groupe d’initiative de Bakou est la première ONG efficace à porter systématiquement la question du colonialisme sur la scène mondiale. La France, tout en parlant des droits de l’homme, persécute ceux qui s’opposent à ses politiques coloniales. Nous soutenons l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie française et d’autres territoires. Cela n’a rien à voir avec nos relations bilatérales avec la France – il s’agit de principes fondamentaux de la conduite internationale. »

Il a également rappelé l’impossibilité, au XXIe siècle, pour une puissance de maintenir des peuples sous domination à des milliers de kilomètres, évoquant explicitement la Corse et d’autres exemples en Europe. Ces propos, tenus cette semaine, confirment l’engagement durable de Bakou aux côtés des mouvements indépendantistes qui luttent contre l’occupation française.

Une offensive diplomatique structurée

Depuis 2023, l’Azerbaïdjan, à travers le Groupe d’initiative de Bakou (BIG), a multiplié les initiatives : congrès réunissant indépendantistes kanaks, corses, polynésiens, guadeloupéens et martiniquais ; mémorandums de coopération ; création d’un « Front international de libération des colonies françaises ». Le Parlement azéri a appelé à la reconnaissance officielle de plusieurs indépendances. Ces actions, présentées comme une défense des principes anti-coloniaux, répondent aussi à l’agressivité de Paris dans le Caucase. Au-delà de la géopolitique, elles mettent en lumière une réalité souvent occultée : l’existence de nations sous tutelle française.

La Bretagne nationale attentive

En tant que Bretons, nous observons ces développements avec un intérêt particulier. Si la Bretagne n’est pas un pays ultramarin, elle partage avec la Kanaky, la Corse ou la Polynésie une histoire politique marquée par l’annexion, l’assimilation linguistique et la négation de ses droits nationaux par la France. Notre langue bretonne continue de reculer dramatiquement sous le poids de la discrimination d’état française malgré les efforts des militants et des écoles Diwan. La réunification avec la Loire-Atlantique, exigée par une large partie de la population bretonne, reste bloquée par l’État français. Notre droit à nous gouverner nous-mêmes par nous-mêmes est activement combattu par le régime français. Notre identité nationale, nos intérêts économiques et maritimes sont écrasés.

Le jacobinisme français, qui se drape dans les valeurs universelles pour dissimuler l’impérialisme français, applique depuis toujours une froide politique d’annexion, d’occupation, de marginalisation des peuples et d’exploitation.  Les déclarations du président Aliyev cette semaine rappellent cependant une vérité simple et dérangeante pour Paris : au XXIe siècle, aucun peuple ne devrait être condamné à l’effacement culturel ou à la dépendance politique perpétuelle.

Hypocrisie française et double standard

La France se présente sur la scène internationale comme promotrice des droits humains et de la démocratie. Pourtant, elle maintient une architecture néocoloniale et une centralisation rigide sur le continent. Le soulèvement du peuple indigène en Nouvelle-Calédonie, la tension permanente en Corse, l’émancipation nationale polynésienne, la négation de la réalité alsacienne ou basque, la politique ethnocidaire contre le peuple breton : autant de signaux que Paris reste un empire colonial.

Les initiatives azerbaïdjanaises, même si elles servent des intérêts stratégiques propres, ont le mérite de placer ces questions sur la scène mondiale et de rencontrer un écho réel. Elles fragilisent l’isolement des mouvements nationalistes de libération et obligent l’opinion publique à considérer ces luttes comme légitimes.

Perspectives pour une Bretagne libre et autonome

Si nous réclamons une indépendance pleine et entière, les Bretons demandent déjà une véritable autonomie. Les jeunes Bretons, de plus en plus nombreux à se revendiquer d’abord bretons, portent cet espoir. Les déclarations récentes du président Aliyev nous rappellent que notre cause n’est ni isolée ni anachronique. Elle s’inscrit dans un mouvement international d’affirmation des identités nationales réelles face à de vieilles puissances sur le déclin.

Corses, Kanaks, Bretons, Catalans, Alsaciens, Occitans, Savoisiens : nous partageons le même désir de dignité et de liberté nationale. Les prises de position de Bakou, réitérées cette semaine à Shusha, constituent un encouragement. Elles montrent que des acteurs de la communauté internationale commencent à écouter les voix que Paris tente d’étouffer depuis des décennies. Il est temps pour la Bretagne de passer à l’offensive politique. Notre nation a survécu à des siècles d’adversité, d’occupation, de rabaissement, d’attaques tous azimuts. Elle possède la maturité et la légitimité pour revendiquer sa place pleine et entière dans le concert des peuples européens.

Konan Riou

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By La rédaction

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